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Découvrir la résilience des haïtiens
La crise multidimensionnelle qui secoue Haïti depuis des années est devenue catastrophique ?
Les groupes criminels opérant au sein de la coalition « Viv Ansanm » ont intensifié leurs attaques coordonnées et à grande échelle. Elles ont paralysé le pays, ont eu de graves répercussions sur les services publics, notamment l’approvisionnement en électricité et en eau, l’assainissement, les soins de santé, l’éducation et les transports ; limitant considérablement l’accès aux biens essentiels. La moitié de la population haïtienne lutte quotidiennement pour manger à sa faim, le pays ayant l’un des taux d’insécurité alimentaire aiguë les plus élevés au monde.
Notre partenaire Inter Aide arrive toutefois, grâce à des zones d’intervention éloignées et à la résilience de toute la communauté Haïtienne, à poursuivre ses activités auprès des familles, des directeurs d’écoles, des enseignants pour le bien des enfants.
Notre partenaire Inter Aide : une méthodologie reconnue et concluante
La méthode Inter Aide est basée sur un cycle d’appui, adapté au contexte local, qui crée les conditions d’une mobilisation concrète et collective et qui transfère aux acteurs clés les compétences pour prendre en charge eux-mêmes cette amélioration (directeurs, comité de parents, éducateurs…).
Ce cycle comprend 3 étapes :
- le pré-cyclage (8 à 12 mois) qui recense les besoins, définit les objectifs,
- l’appui renforcé (4 ans) qui contractualise, forme, apporte matériel et évalue,
- et le désengagement progressif (1 an) qui maintient et suit le bon fonctionnement.
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Retours du terrain
La plantation des arbres, une ressource financière pour la famille
Mayolène et son mari Emanò habitent la localité de Demarag, près de Hinche dans le centre est d’Haïti. Depuis le lancement des pépinières du programme en 2018, cette famille modeste a régulièrement planté des arbres. Sur les 414 arbres plantés arbres au cours des 5 dernières années, un peu plus de 50% ont survécu. Parmi les 218 qui ont grandis, certains sont déjà à plus de 7m de hauteur et seraient même prêts à être utilisés pour la production de bois. La régularité de cette famille dans l’activité de plantation d’arbres …
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…est une preuve concrète de leur motivation ! Mayolène nous a raconté qu’au-delà de l’importance des arbres dans le maintien des sols, des apports en fertilité, de la rétention d’eau, elle est aussi motivée par l’aspect économique lié à la production de bois. En plantant régulièrement des arbres, elle pourra bientôt en vendre, mais aussi en avoir pour ses propres utilisations et ainsi éviter d’en acheter. Mayolène souhaite aussi laisser des arbres en héritage à ses 7 enfants, tout comme elle en a reçu de ses parents qui lui ont permis de construire sa maison.
L’élevage permet aux familles d’améliorer leur revenu, leur épargne et leur alimentation
Les revenus disponibles sont la plupart du temps investis dans l’achat d’animaux : poules pour les plus foyers les plus vulnérables, petits ruminants et porcs pour les autres. Ainsi, toute dépense conséquente (frais médicaux, réparation de la maison, écolage, fournitures scolaires, uniformes…) est assurée par la vente d’un animal.
L’amélioration de l’élevage s’articule autour de 2 axes : des campagnes régulières de vaccination des poules et la plantation de fourrage.
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En envoyant leurs enfants à l’école, les familles paysannes font preuve de résilience
Malgré les difficultés, les parents de Wildine parient sur l’avenir et envoient leur fille à l’école. Ainsi, tous les matins, Wildine se prépare, sa maman ou sa grande sœur l’aident à tresser ses cheveux, elle enfile son uniforme d’une propreté impeccable. Elle doit marcher 35 minutes, parfois avec ses chaussures à la main pour ne pas les salir lorsqu’il a plu et que le chemin est boueux. Il y a 13 élèves dans sa classe de 4ème année, son professeur y travaille depuis 3 ans, …
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… il commence à avoir un peu d’expérience mais n’a pas encore reçu de formation pour enseigner.
Cette école a été fondée en 2016 par un leader de la communauté (un leader peut tenir son autorité par l’étendue de ses terres ou par son statut de pasteur ou simplement par son charisme). Néanmoins, il faut demander aux parents leur participation monétaire pour pouvoir payer les enseignants.
L’école est construite sur une base de terre battue avec des parois en planches de palmiste et une toiture en tôles. Les élèves s’assoient sur des bancs d’église. Le drapeau se lève à 8 heures, indiquant le début des cours, la cloche sonnera pour la récréation et à 13 heures pour la fin des cours. Comme la plupart des écoles, il n’y a pas de cantine, cela coûte très cher et l’état n’a pas les moyens.
Wildine aime beaucoup la lecture, il se trouve qu’elle a des facilités… mais la plupart des élèves ont beaucoup de mal car les enseignants n’ont pas une méthode ou une pratique adaptée et manquent de matériel didactique.
Inter Aide permet la formation des professeurs et fournit du matériel et des manuels aux écoles qui avancent bien dans leur contrat avec l’ensemble de la communauté.
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LES ACTUALITES DU PAYS
La fin d’un engagement, la continuite de notre mission
Après près de 30 ans d’engagement aux côtés des enfants et des familles en Haïti, Les Amis des Enfants du Monde mettront un terme à leur intervention dans ce pays au 31 décembre 2025.
Nous avons choisi de clôturer ce partenariat au terme prévu (fin 2025). Les actions menées par Inter Aide se poursuivront grâce à d’autres soutiens, ce qui garantit la continuité locale des projets.
Pour en savoir plus sur cette décision et partager nos réflexions, nous vous proposons un article dédié.
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TEMOIGNAGES
« Il y a un énorme avantage offert par une banque de semences : elle donne la garantie de l’accès aux semences pour les familles les plus démunies, quelle que soit leur situation. Sans la banque, ces familles devront retourner au système de prêt auprès des créanciers, où pour chaque marmite prêtée il faut en rembourser deux ! Avec les taux de rendement de ces dernières années, c’est tout simplement impossible. »
Schamma, responsable du programme de sécurité alimentaire de Juanaria
« Les écoles qui participent au programme, comptent davantage de jours de classe, plus d’heures d’enseignement, et les leçons sont mieux préparées. Les élèves y sont scolarisés plus tôt, utilisent davantage les manuels scolaires, et les familles s’impliquent plus activement via le paiement des écolages. Ces améliorations structurelles et pédagogiques se traduisent directement par une hausse progressive des résultats aux tests CB3, confirmant l’impact positif du programme à moyen terme «
Collecte, consolidation et analyse des données
Chaque année, l’équipe du programme d’appui à la scolarisation de Marmelade, fait passer un test individuel à un échantillon d’élèves en fin de 3ème année fondamentale, pour mesurer leurs compétences en lecture, écriture et calcul. Ce test créé par Inter Aide est appelé CB3 (Compétences de base en 3ème).
Au bout du 3ème test (depuis 2021), des évolutions commencent à être perçues, en particulier au niveau de la lecture : les syllabes sont plus facilement décodées, ce qui facilite le passage vers l’apprentissage de la lecture. Il reste encore des progrès à faire pour s’assurer que les enseignants ritualisent des exercices de lecture en salle de classe. Au niveau de l’écriture, les résultats sont encore faibles, l’accompagnement pédagogique devra insister sur l’utilisation des exercices écrits comme la dictée. Pour le test de calcul, l’addition simple est un peu mieux maîtrisée mais l’utilisation de la retenue doit être travaillée davantage.
Une équipe de 5 conseillers pédagogiques pour le primaire et une conseillère pour le préscolaire réalisent des suivis en salle de classe pour observer la pratique des enseignants et proposer des conseils pratiques. Suite aux observations réalisées, un bilan a été proposé aux enseignants qui ont manifesté une grande satisfaction de recevoir un retour construit sur leurs pratiques pédagogiques. Cet accompagnement a un effet positif sur le renforcement de l’identité professionnelle des enseignants.
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- Recevoir nos publications : newsletter, Lettre aux parrains et donateurs, rapports d’activité et financier de l’association.
QUE SONT-ILS DEVENUS ?
Le cycle de renforcement des écoles de la section rurale de Lamielle a pris fin en juin 2022. Les Amis des Enfants du Monde ont soutenu ce programme de 2019 à 2021.
La fin de l’intervention directe d’Inter Aide auprès de ces écoles ne s’est pas traduite par un désengagement complet : des membres de l’équipe pédagogique du projet ont créé l’association OJELEQ (« Organisation des Jeunes de Lamielle pour une Éducation de Qualité ») afin de poursuivre un accompagnement auprès des écoles, et ainsi faire perdurer la dynamique de progression mesurée tout au long du programme.
Ainsi entre 2022 et 2024, leur accompagnement pédagogique auprès de 106 enseignants et de 18 écoles de la zone a permis de confirmer la progression des élèves, mesurée par les taux de réussite des élèves de 3e année fondamentale au test « CB3 » (Compétences de Base : lecture, écriture, calcul – voir tableau ci-dessous). Du côté des indicateurs de fonctionnement, on a pu observer que la zone de Lamielle a été la seule qui a dépassé la cible de 80 % des jours du calendrier, avec un taux de 90 % en 2023/2024, alors qu’Inter Aide n’intervient plus dans la zone depuis 2022.
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Budget global 2025 : 35 000 €
Association Inter Aide : Inter Aide est spécialisée dans la réalisation de programmes de développement auprès de familles rurales particulièrement démunies
1-Programme d’appui aux écoles primaires de Marmelade : 20 000 €
Le programme de Marmelade est un programme d’Appui aux écoles primaires rurales pour former et accompagner les acteurs de la communauté éducative afin de les rendre capables de mieux orienter la gestion des écoles vers une amélioration durable des apprentissages
Bénéficiaires : Près de 4 000 élèves de 5 à 11 ans dans 23 écoles partenaires, 1000 parents, 71 enseignants
2- Programme de renforcement de la sécurité alimentaire dans les montagnes noires : 15 000 €
Le programme consiste à lutter au quotidien contre la malnutrition, à agir pour renforcer la résilience des paysans les plus vulnérables.
Bénéficiaires : 800 familles (soit 3 000 enfants)