-
Mineurs non accompagnés en France (MNA) : une prise en charge sous tension
MNA : une protection promise, un accueil qui tarde
Depuis plusieurs années, la situation des mineurs non accompagnés (MNA) en France suscite l’inquiétude des acteurs de terrain.
Dès 2018, l’association Les Amis des Enfants du Monde a engagé une réflexion sur les moyens d’apporter un soutien à ces jeunes étrangers, souvent livrés à eux-mêmes une fois arrivés sur le territoire.
En théorie, la France a l’obligation de protéger tous les mineurs, qu’ils soient demandeurs d’asile ou non, au titre du droit commun de la protection de l’enfance.
Dans les faits, les démarches administratives nécessaires à la reconnaissance de minorité sont longues et complexes.
Elles aboutissent parfois à des refus, laissant les jeunes sans solution immédiate.
En cas de recours, les délais de traitement peuvent atteindre en moyenne 18 mois, une période durant laquelle ces adolescents ne bénéficient d’aucune prise en charge institutionnelle.
MNA : entre saturation des dispositifs et invisibilité des filles
Malgré les différentes initiatives pour venir en aide aux mineurs non accompagnés, la situation reste préoccupante.
Le nombre de MNA demeure élevé en France, et leur prise en charge est jugée insuffisante.
Certains continuent de dormir dans la rue et rencontrent des difficultés importantes pour se nourrir.
Les départements, en charge de la protection de l’enfance, dénoncent de leur côté la saturation des structures d’accueil, liée à un manque de moyens budgétaires.
À cela s’ajoute une vulnérabilité spécifique, trop souvent passée sous silence.
Leu situation est particulièrement préoccupante.
Plus exposées aux violences sexuelles durant leur parcours migratoire, elles taisent souvent ces expériences.
Certaines sont également victimes de traite des êtres humains.
Malgré ces risques majeurs, elles ne représentent qu’environ 10 % des MNA recensés, une sous-représentation liée à leur invisibilisation.
Leur suivi médical et psychologique nécessite pourtant une attention renforcée.
- À l'épreuve du terrain, les associations apportent une réponse globale
UTOPIA 56 : un nouveau lieu d'accueil au service des mineurs isolés à Lille
À Lille, l’association Utopia 56 fait face à une augmentation constante du nombre de mineurs vivant à la rue.
Les dispositifs existants étant devenus insuffisants, l’organisation prévoit l’ouverture d’un centre d’accueil de jour d’environ 200 m², capable d’accueillir une soixantaine de jeunes.
Ce lieu offrira des espaces de repos, une cuisine, des sanitaires et une laverie, ainsi qu’un cadre sécurisé permettant aux travailleurs sociaux d’intervenir efficacement.
Sur place, une équipe de trois coordinatrices, appuyée par des bénévoles, assure la mise en œuvre des actions.
Un budget de 10 000 euros a été alloué, en appui au salaire d’une coordinatrice.
HORS LA RUE : une présence de terrain au service des jeunes les plus vulnérables
En région parisienne, l’association Hors la Rue adopte une approche de terrain, privilégiant une présence quotidienne auprès des jeunes les plus marginalisés.
Son objectif : repérer les mineurs en danger, souvent étrangers, et les accompagner vers un accès aux soins, à l’éducation et à la protection.
Cette mission s’avère particulièrement exigeante, notamment auprès de publics peu enclins à solliciter de l’aide, marqués par des parcours de vie difficiles et des ruptures répétées avec les dispositifs de protection.
Les équipes interviennent aussi bien dans leur centre de jour à Montreuil que dans les rues de la banlieue parisienne.
À travers un suivi régulier et des activités socio-éducatives, elles tentent de construire des projets individualisés avec chaque jeune.
L’association milite également pour une évolution du cadre réglementaire, afin d’améliorer la prise en charge de ces mineurs par les structures existantes.
Une approche holistique de l'aide aux MNA : le rôle clé du tissu associatif et des Amis de Enfants du monde
Face aux lacunes de la prise en charge des MNA, les organisations non gouvernementales jouent un rôle crucial.
Elles assurent l’hébergement, l’alimentation et l’accompagnement administratif et éducatif de ces jeunes en attente de reconnaissance.
Des lacunes persistent également dans les procédures de reconnaissance de minorité. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) pointe notamment l’absence de présomption légale de minorité, ce qui complique encore davantage l’accès aux droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation ou les loisirs.
L’absence de représentation légale constitue un obstacle supplémentaire.
Par ailleurs, l’accès aux soins et à l’aide alimentaire reste problématique.
Utopia 56 collabore avec Médecins Sans Frontières pour les cas médicaux urgents, ainsi qu’avec des dispositifs mobiles pour les soins de première nécessité.
Toutefois, depuis 2024, l’association ne peut plus bénéficier de la banque alimentaire, son agrément ayant été suspendu faute de pouvoir justifier administrativement les besoins des bénéficiaires.
Dans ce contexte, aussi tendu que précaire, le soutien des Amis des Enfants du Monde demeure essentiel pour accompagner Hors la Rue et Utopia 56 dans leurs actions.
-
Retours du Terrain
Au cours de leurs rencontres annuelles, les bénévoles des Amis des Enfants du Monde ont partagé le quotidien des salariés de Hors la Rue, en participant à une maraude dans les rues de Paris et à un atelier d’art-thérapie auprès d’enfants défavorisés d’un bidonville en région parisienne.
Elles ont également accompagné une salariée et un bénévole d’Utopia 56 dans leur travail auprès des jeunes ayant reçu un refus de reconnaissance de minorité — une situation qui concerne une grande majorité d’entre eux, livrés à eux-mêmes une fois ce refus prononcé.
Une autre rencontre leur a permis de visiter le centre d’accueil de Lille et de découvrir l’aménagement des locaux.
Hors la Rue – œuvre pour la protection et l’accompagnement des mineurs étrangers les plus vulnérables en région parisienne
Utopia 56 – œuvre pour l’accueil, l’accompagnement social et éducatif et la mise à l’abri des mineurs étrangers
-
Retours du Terrain
Au cours de leurs rencontres annuelles, les bénévoles des Amis des Enfants du Monde ont partagé le quotidien des salariés de Hors la Rue, en participant à une maraude dans les rues de Paris et à un atelier d’art-thérapie auprès d’enfants défavorisés d’un bidonville en région parisienne.
Elles ont également accompagné une salariée et un bénévole d’Utopia 56 dans leur travail auprès des jeunes ayant reçu un refus de reconnaissance de minorité — une situation qui concerne une grande majorité d’entre eux, livrés à eux-mêmes une fois ce refus prononcé.
Une autre rencontre leur a permis de visiter le centre d’accueil de Lille et de découvrir l’aménagement des locaux.
Hors la Rue – œuvre pour la protection et l’accompagnement des mineurs étrangers les plus vulnérables en région parisienne
Utopia 56 – œuvre pour l’accueil, l’accompagnement social et éducatif et la mise à l’abri des mineurs étrangers
La salle est soigneusement aménagée. Les activités s’enchaînent : dégustation à l’aveugle, écriture sur ardoise, motricité, récréation.
L’éducatrice, encore en train de trouver ses marques, bénéficie des interventions discrètes et bienveillantes de la chargée de suivi — dans l’esprit même de Kozama.
Nos deux bénévoles ont rencontré la coordinatrice et les trois assistantes sociales de Koloaïna, qui accueillent les femmes ou les accompagnent à domicile, avec leur consentement et en lien avec la brigade féminine de la police et les centres de santé.
Au terme des douze semaines d’accompagnement, 83 % des femmes voient les violences diminuer ou cesser.
Derrière ce chiffre, des parcours marqués par le courage :
V., 20 ans, en couple depuis ses 13 ans, a perdu un enfant mort-né à la suite des violences de son mari. À sa sortie de prison, celui-ci les reprend sur tous les autres membres de la famille. La famille est aujourd’hui accompagnée.
T., contrainte par son mari de mendier et de dormir avec ses enfants sous un étal du marché, est aujourd’hui suivie par les équipes.
Koloaïna – aux côtés des femmes et des enfants victimes de violences conjugales (VIOCO)
-
Faire un don
En tant que donateur, vous pouvez :
- Assister à des temps d’information en live que nos bénévoles en Solidarité internationale organisent régulièrement.
- Recevoir nos publications : newsletter, Lettres aux parrains et donateurs, rapports d’activité et financier de l’association.