Guerre au Moyen Orient : quelles répercutions sur les programmes de solidarité internationale ?

La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté fin février, a des répercussions économiques et sociales notables sur nos partenaires et bénéficiaires dans plusieurs pays. Le principal effet observé à travers toutes les régions est la flambée des prix du carburant, qui entraîne une hausse généralisée du coût de la vie et perturbe le fonctionnement quotidien des projets locaux.

Quelles sont les conséquences du conflit au Moyen Orient pour nos partenaires en Asie ?

En Inde, la baisse d’importation du gaz, dont le pays dépend à 60 %, perturbe la cuisine collective : certains établissements sont contraints de revenir à l’usage du bois, plus coûteux et difficile à transporter.

Parole de nos bénévoles revenus de mission d’évaluation sur le terrain :  “Quand il s’agit de faire la cuisine pour toute une école ou un centre d’accueil pour enfants plusieurs fois par jour, cela complique grandement les choses… certains sont déjà revenus au bois pour la cuisine. Et il faut savoir que cela revient beaucoup plus cher contrairement à certains préjugés, si on le veut de bonne qualité mais surtout pour le transport associé.”

Pour notre partenaire Friendship, au Bangladesh, les déplacements en bateau vers les zones où résident les bénéficiaires ont été réduits à trois jours, contre cinq jours ouvrables auparavant. Cela entraîne donc une diminution d’environ 40 % du suivi sur le terrain des activités, y compris le fonctionnement des écoles.

Aux Philippines, comme au Vietnam et au Cambodge, l’explosion du prix du carburant et du gaz de cuisine (jusqu’à +80 %) réduit drastiquement le pouvoir d’achat des familles. Les produits alimentaires essentiels, riz, viande, légumes, ont également vu leurs prix bondir, poussant les ménages à réduire la cuisson et à économiser l’énergie.

De nombreuses personnes ont également perdu leur emploi et peinent à retrouver du travail.

Quel est l’impact de cette guerre sur nos partenaires Afrique ?

Le Sénégal subit une hausse moyenne de 5 % sur les produits de base, tandis que l’Éthiopie connaît une véritable pénurie d’essence, paralysant les déplacements, provoquant des files interminables et perturbant l’accès aux ressources, comme notre équipe a pu le constater au cours de sa récente mission. Certaines écoles envisagent même un retour à l’enseignement à distance.

Quant à Madagascar, l’État a déclaré un état d’urgence énergétique pour prévenir les pénuries et contenir la spéculation, tandis que la population anticipe déjà une hausse imminente des tarifs à la pompe.

La France est également impactée surtout sur le coût des transports

En France également, les associations constatent une augmentation marquée du prix du carburant : +26,65 % pour Utopia 56 et une hausse similaire pour Hors la Rue, bien que cette dernière limite les effets grâce à l’usage des transports en commun.

Au Liban, notre partenaire Libami est au coeur du conflit

Libami est directement touché par la guerre : les bombardements à Beyrouth créent une atmosphère d’extrême anxiété.

Les familles de Libami sont particulièrement touchées car elles accueillent dans des logements déjà trop petits leurs familles en exil du sud qui fuient la guerre. La promiscuité est ainsi un vrai problème.

Malgré la crise, Libami poursuit son action sociale dans des conditions incertaines, en continuant d’accueillir les enfants, ayant fait le choix de garder ses locaux ouverts.

Globalement, cette crise énergétique et géopolitique amplifie les vulnérabilités existantes. De nombreux emplois précaires sont menacés, voire à l’arrêt, comme ceux liés à la restauration de rue par exemple, mettant en difficulté de nombreuses familles.

Inflation, restrictions de mobilité, tensions sociales et difficultés d’approvisionnement freinent les activités de nos partenaires locaux et exacerbent les inégalités, impactant directement les enfants que nous soutenons dans de nombreux pays.

Nos partenaires locaux sont toujours engagés sur le terrain

Face à cette situation, nos partenaires restent déterminés à poursuivre leur travail de terrain et à rester attentifs aux besoins des enfants et de leurs familles. A noter que tous les partenaires interrogés pour nous permettre de rédiger cet article, ont mis en avant les difficultés des personnes accompagnées, mais aucun ne nous a parlé de ses propres difficultés, alors que nous sommes bien conscients du fait qu’eux aussi subissent les conséquences de ce conflit qui dure. Qu’ils soient donc ici remerciés et salués une fois de plus pour leur indéfectible dévouement au service des enfants !

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