Lutter contre la recrudescence du travail des enfants à travers le monde

Le travail des enfants représente l’un des plus importants combats à mener pour la protection des droits des enfants à travers le monde, tels qu’indiqués au sein de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989. En effet, le travail des mineurs est en contradiction complète avec certains de ces droits primordiaux, à l’image de la garantie de l’accès à l’éducation, ou encore du droit à la protection contre toute forme de maltraitance ou d’exploitation. L’Organisation internationale du travail (OIT) définit même le travail des enfants comme « l’ensemble des activités privant les enfants de leur enfance, de leur potentiel et leur dignité », illustrant bien l’enjeu majeur qu’est la lutte contre cette exploitation des mineurs dans le monde.

 

Des chiffres particulièrement alarmants

Une lutte qui semblait en bonne voie aux cours des dernières décennies, puisque les rapports publiés tous les quatre ans de l’OIT témoignaient d’une recrudescence de près de 94 millions d’enfants exploités entre les années 2000 et 2016. Pourtant, les dernières années obligent à dresser un constat bien plus inquiétant de la situation, avec notamment la pandémie qui a aggravé les conditions économiques et sociales de nombreux pays et plongé d’innombrables familles dans la nécessité de faire travailler leurs enfants. D’après le dernier rapport réalisé par l’OIT et l’UNICEF, c’est donc près de 160 millions d’enfants, âgés de 5 à 17 ans, qui étaient forcés de travailler au détriment de leurs droits fondamentaux à la fin de l’année 2021. Il s’agit d’une hausse de plus de 8 millions d’enfants en seulement quatre ans. Dans les détails, le rapport révèle que 97 millions de garçons et 63 millions de filles à travers le monde sont concernés par le travail des enfants, dont la majeure partie dans le secteur de l’agriculture. Les services et l’industrie sont également des secteurs majeurs de l’exploitation des mineurs. En outre, pratiquement 80 millions de ces enfants exerceraient une activité jugée dangereuse, alors que près de la moitié des enfants qui travaillent sont âgés de moins de 12 ans.

Alors que le 12 juin se déroule, comme chaque année depuis son instauration en 2002, la Journée mondiale contre le travail des enfants, c’est l’occasion de mettre davantage en lumière cette problématique qui se rencontre sur les cinq continents et de valoriser les actions qui visent à freiner la recrudescence récente du nombre d’enfants exploités à travers le monde.

 

L’éducation, condition sine qua non de la lutte contre le travail des enfants

Le travail des enfants compromet gravement leur avenir ; en effet, sans scolarisation régulière, comment espérer se débarrasser du fléau de l’analphabétisme ? Comment assurer aux enfants une intégration pérenne au sein de leurs cercles de sociabilisation familiaux, puis au cœur de la société après leur passage à l’âge adulte ? C’est pourquoi l’éducation doit être considéré comme un objectif prioritaire pour endiguer la recrudescence du travail des enfants, et notamment dans les zones géographiques les plus touchées (en effet, plus d’une personne analphabète sur deux viendrait d’Asie et d’Afrique subsaharienne, cette dernière comprenant 30 % des enfants non scolarisés dans le monde, montrant bien la corrélation entre régions à fort pourcentage de travail des enfants et analphabétisme).

Mais là aussi, le travail à accomplir est immense : des études de l’UNESCO révèlent que le nombre d’enfants déscolarisés de par le monde est lui aussi en augmentation annuelle depuis la pandémie du coronavirus. Fin 2023, c’était plus de 250 millions d’enfants qui n’avaient ainsi pas accès à une éducation digne de ce nom. Au niveau primaire, cela représente près d’un enfant sur dix. C’est donc sur ce terrain que le combat est le plus important et que la marge de progression est la plus grande. C’est pourquoi les programmes de développement se multiplient afin de pallier aux difficultés des États à remplir leurs rôles de garant de la sécurité et de l’éducation des jeunes générations, des difficultés multipliées depuis la pandémie et les fermetures presque systématiques des classes à travers la planète.

 

Des actions concrètes au service de la lutte contre le travail des enfants

Les Amis des Enfants du Monde et ses partenaires s’impliquent dans ce combat indispensable pour assurer le bien-être et le développement des enfants au quotidien. La question de l’éducation est ainsi prioritaire dans nombre de missions auxquelles notre association participe. C’est en conséquence pas moins de 75 % de nos programmes avec nos partenaires locaux qui visent à défendre le droit à une pleine éducation des enfants aidés, de l’éducation préscolaire (comme avec notre partenaire Kozama à Madagascar, qui accompagne la création de classes préscolaires) à l’enseignement supérieur (au Cambodge, Krousar Thmey confère une aide aux élèves en matière d’orientation post-bac notamment), en passant par des programmes de soutien scolaire ou d’internat. Tout cela via des bourses adaptées aux situations concrètes locales, dans le but de favoriser la scolarisation de jeunes pour qui le seul avenir aurait pu être court-termiste, c’est à dire de travailler dès le plus jeune âge sans jamais espérer avoir accès à une éducation digne de ce nom.

C’est également via la prise en charge d’enfants isolés (enfants des rues, orphelins ou en famille d’accueil…) que la lutte contre le travail des mineurs peut s’effectuer. A Dakar, Village Pilote propose ainsi un centre d’accueil aux enfants des rues, avec déjà plus de 2 000 bénéficiaires qui sont soignés, nourris, puis auxquels sont proposés des projets de réinsertion au sein de leur famille afin de les sortir des rues où le risque d’exploitation est le plus grand. Car la réintégration au sein du cercle familial peut être un enjeu majeur pour prémunir les risques de travail des mineurs ; le soutien et la compréhension des enjeux des parents est bien souvent nécessaire à une scolarisation régulière des enfants. C’est pourquoi Koloaïna, à Madagascar, propose un accompagnement psychosocial aux familles afin de les aider à résoudre leurs problèmes sociaux prioritaires, dont l’éducation et la scolarisation des enfants.

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