Imprimer
Navigation

Adoption : la période de socialisation en Haïti

scène de rue - Haïti 2015

Témoignage d'une famille qui a vécu récemment 15 jours de 'socialisation' auprès de leur petit garçon de 18 mois.

Lorsque le téléphone a sonné en ce beau soir de décembre 2015 nous n'en croyions pas nos oreilles. Deux ans après l'envoi de notre dossier en Haïti nos délégués nous annoncent que nous sommes les heureux parents d'un petit garçon de 18 mois qui nous attend à Port au Prince. Nous partirons trois semaines plus tard en vue de la période de socialisation d'une durée de quinze jours, laquelle devra être validée par un entretien avec un agent de l'IBESR*.

Premier contact avec Haïti

Après un long vol nous arrivons à l'aéroport Toussaint Louverture où nous attendent la directrice de la crèche et Luckson, le représentant local des AEM. Le premier contact avec le pays est fort et nous prenons très vite conscience de la rudesse de la vie sur place. Nous logeons dans une maison d'hôte située à 50 mètres de la crèche et tenue par une famille Haïtienne.

ET PREMIERE RENCONTRE ...

Dès le lendemain, nous rencontrons enfin notre fils dans les locaux de la crèche, moment chargé d'émotion et de bonheur partagé. Nous le verrons tous les jours, deux heures le matin et deux heures l'après-midi.

De l'étonnement des premiers jours, le visage de notre petit garçon change au fil du temps à notre contact. Les premiers sourires arrivent très vite puis l'aisance dans le jeu et enfin les premiers rires. Fréquemment nous allons jouer avec les autres enfants. Bien que peu habitué à ces contacts, notre fils apprécie ces moments. Nous avons fini par connaître les prénoms de tous les enfants de la crèche et de franches rigolades ont été de mise.

UN TEMPS DE REFLEXION

En dehors de ces moments, le temps peut sembler long mais pour notre part il a vite été mis à profit. Nous avons lu, peint, dessiné, échangé avec notre hôte sur Haïti. Surtout, nous avons réfléchi à la façon dont nous allions franchir la dernière ligne droite avant l'arrivée de notre fils à la maison. Le délai annoncé entre les deux séjours est long et incertain. Durant ces quinze jours nous avons puisé l'énergie nécessaire pour projeter une multitude de choses afin de rendre cette attente plus légère.

ENTRETIEN FINAL AVEC LE REPRESENTANT DE L'IBESR*

En fin de séjour, un agent de l'IBESR*, est venu à la crèche pour nous rencontrer en présence de notre fils. La directrice de la crèche et Luckson étaient également dans l'enceinte. Loin d'être une formalité, cet entretien a été vécu comme un examen de passage. L'IBESR*, représentant le gouvernement Haïtien, est très soucieux du devenir des enfants confiés à l'adoption. Les discussions portaient essentiellement sur notre parcours vers l'adoption, l'intégration de l'enfant dans la famille adoptive élargie, l'abandon, le racisme et l'intégration en France.

A l'issue de cette quinzaine riche en émotions, nous avons dû dire au revoir à notre petit en lui promettant de revenir le plus vite possible. Cela n'a pas été sans mal mais nous avions eu le temps de nous préparer à ce moment.

Ce séjour a été un moment riche et intense faisant partie intégrante de l'histoire de notre famille. Nous remercions nos délégués, l'équipe adoption Haïti et Luckson pour leur accompagnement.

Aline & Christophe 

 

 

* IBESR : Institut du Bien-Etre Social et de Recherches, autorité centrale de l’adoption en Haïti

- Mars 2016-

Navigation