Le budget 2026 sacrifie, une fois encore, l’aide publique au développement.
Les Amis des Enfants du Monde s’associent aux organisations non gouvernementales, membres de Coordination Sud (coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale) qui s’élèvent contre l’austérité du projet de loi de finances (PLF) 2026 concernant l’Aide publique au développement (APD).
Le projet de loi de finances 2026 souhaite réduire son enveloppe à 3,67 milliards d’euros, en baisse de 16 % par rapport aux crédits alloués dans la loi de finances 2025, qui ont ensuite été amputés de 134 millions d’euros par un décret d’annulation paru en avril.
La France reste ainsi en retard sur les objectifs fixés par la Loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales (LOPDSLIM), adoptée à l’unanimité par les parlementaires le 4 août 2021[1].
L’aide publique au développement, levier concret de solidarité internationale
Pourtant, l’aide publique au développement est un levier concret de solidarité internationale, essentielle en ce qu’elle vise à lutter contre les inégalités et à défendre les droits humains fondamentaux partout dans le monde, en particulier ceux des enfants, piliers du monde de demain. Les besoins sont immenses. Notamment, ni le droit à la santé, ni le droit à l’éducation ne sont respectés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de cinq millions de bébés et d’enfants meurent chaque année avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans et d’après l’Unesco, le nombre d’enfants non scolarisés dans le monde s’élève à 272 millions.
Malgré la nécessité de la solidarité internationale, l’heure est au désengagement et ses effets sont d’ores et déjà documentés sur le terrain. L’étude « Life at risks » d’Amnesty international[2] révèle, à l’échelle de 12 pays, les conséquences déjà dévastatrices du démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), premier contributeur de fonds humanitaires au monde.
Dans ce contexte et alors que 66 % des Français – ce chiffre s’élevant à plus de 80 % chez les 16-24 ans – soutiennent la solidarité internationale[3], dénonçons la politique austère de la France et rappelons les demandes du secteur associatif :
– arrêter l’acharnement budgétaire contre l’aide publique au développement ;
– augmenter les moyens alloués au programme budgétaire n° 209 pour la solidarité à l’égard des pays en développement ;
– réinstaurer la contribution directe des taxes sur les transactions financières et les billets d’avion, nouvelles ressources pour financer la solidarité internationale.
À lire, les communiqués de Coordination Sud :
[1] La France doit contribuer à l’APD à hauteur de 0,7 % de son revenu national brut, un engagement international inscrit dans la loi du 4 août 2021.
[2] https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/aEwvrbNJEFaPX8vr_Rapport_Amnesty_USAID.pdf
[3] Sondage réalisé par l’institut Harris Interactive pour l’AFD, avril 2024 (FOCUS 2030).