Les pays d'origine

Les AEM sont autorisés à agir en qualité d'intermédiaire officiel pour l'adoption des enfants venant d'Éthiopie, d'Haïti et des Philippines. Les enfants ne sont confiés à l'adoption internationale que lorsque toutes les solutions d'accueil local ont été épuisées.

Éthiopie

Les autorités éthiopiennes attachent un soin très poussé à la vérification de l'adoptabilité des enfants et mettent en place progressivement des solutions d'accueil local (maintien dans la famille lorsque c'est possible et développement de l'adoption nationale).

En attendant leur adoption, les enfants sont placés dans des structures d'accueil privées où ils bénéficient des soins d'un personnel compétent.

Les AEM sont actuellement en relation avec deux structures partenaires situées à Addis Abeba, accueillant des enfants venant des différentes régions de l'Éthiopie.

Le bureau AEM d'Addis Abeba, dirigé par un juriste spécialisé, s'acquitte de toutes les démarches administratives et judiciaires sur place, en lien avec les directeurs des structures d'accueil. Une employée francophone prépare les enfants à leur adoption et accompagne les parents lors de leurs séjours en Éthiopie : une première fois pour confirmer leur consentement à l'adoption lors du jugement, puis pour aller chercher leur enfant.

Les familles adoptives s'engagent à adresser chaque année aux autorités éthiopiennes des nouvelles de l'enfant adopté, jusqu'à sa majorité.

Haïti

L’état haïtien manifeste sa volonté de limiter le nombre d’adoptions et de favoriser l’aide à l’enfant sur place. Il promulgue dans ce but une nouvelle loi encadrant l’adoption. Devant cette volonté, la France autorise en janvier 2013 la reprise des adoptions.

Tous les postulants doivent désormais passer par l’intermédiaire d’un opérateur : public (l’AFA) ou privé (un OAA). Chaque opérateur n’est autorisé à envoyer qu’un dossier par mois.

Cette nouvelle loi assouplit les conditions pour adopter et inscrit l’adoption plénière dans le jugement haïtien.

Elle confère un rôle prépondérant à l’autorité centrale (IBESR).

Ainsi, c’est l’IBESR qui fixe désormais les coûts de la procédure, qui a la charge des dossiers et procède aux apparentements. L’opérateur est cependant autorisé à aider les crèches sous forme de parrainage.

Le rôle du représentant de chaque opérateur a vu son importance accrue. Interlocuteur privilégié de l’IBESR, il doit être en contact avec toutes les instances intervenant en adoption : opérateur, crèche, ambassade, tribunal. C’est lui qui est chargé du suivi des démarches administratives et judiciaires, de donner des nouvelles de l’enfant et d’organiser et accompagner les séjours de familles sur place.

Les parents doivent se rendre une première fois en Haïti aussitôt après l’apparentement pour une période d’un minimum de deux semaines, afin d’y rencontrer leur enfant. À l’issue de cette période de socialisation, l’équipe pluridisciplinaire de l’IBESR donnera son aval pour la procédure judiciaire, à l'issue de laquelle les parents pourront aller chercher leur enfant.

La nouvelle loi inscrit également l’obligation pour l’opérateur d’envoyer tous les trois mois, jusqu’à la transcription de son adoption en France, des nouvelles de l’enfant, et ensuite pour la famille d’adresser des nouvelles de l'enfant une fois par an, jusqu’à la majorité de l’enfant.

La plupart des enfants confiés à l’adoption en Haïti sont issus de familles nombreuses extrêmement nécessiteuses et ne pouvant subvenir aux besoins de l’enfant.

Les crèches qui ont été visitées par l’équipe des AEM offrent aux enfants accueillis un cadre de vie agréable. Les locaux sont propres, bien aménagés, bien décorés et il y a de nombreux jeux d’intérieur et d’extérieur. Le personnel est nombreux, souriant et attentionné.

Les enfants de plus de 5 ans sont scolarisés, soit dans la crèche, soit dans l’école du quartier ou du village.

Philippines

Aux Philippines, l’autorité centrale (ICAB) a la charge des dossiers et procède aux apparentements. Pour pouvoir postuler à l’adoption d’un enfant philippin, les familles doivent répondre à des critères d’acceptabilité très précis : ne pas être atteint de certaines maladies ou handicap référencés par l’ICAB, se soumettre à une évaluation psychologique complète et avoir une pratique religieuse régulière. Les couples doivent aussi être en possession d’un diplôme de fin d’études secondaires (baccalauréat) et disposer au minimum de 40 000 $ de revenus annuels.

L’ICAB exige l’exclusivité ; les postulants ne sont pas autorisés à déposer un dossier dans un autre pays d’origine.

Il n’y a pas de jugement. La décision qui est prononcée est une décision administrative et l’enfant est placé en vue de son adoption. Il faudra attendre la fin de la période probatoire de 6 mois après l'arrivée et l’obtention du consentement définitif de l’ICAB (après réception des 3 rapports de suivi) pour pouvoir déposer une requête en adoption en France.

Dans les institutions, les enfants sont suivis avec beaucoup de soin et de compétences et au moment de l’attribution, l’OAA reçoit un rapport médical et social très détaillé. Les travailleurs sociaux préparent les enfants à leur départ vers leur pays d’accueil grâce à l’album de bienvenue confectionné par la famille au moment de l’apparentement. Dans cet album, les futurs parents adoptants présentent leur famille proche et élargie, l’environnement dans lequel l’enfant sera amené à vivre et tout ce qui caractérise notre pays : climat, saisons, habitudes alimentaires.

L’ICAB est particulièrement sensible à tout ce qui touche à la post-adoption. Tous les documents qui concernent l’enfant sont gardés dans son dossier pour le cas où il souhaiterait un jour faire un retour sur le passé.

Quand elles se rendent aux Philippines, les familles AEM sont prises en charge par notre correspondant sur place, KBF (Kasahang Buhay Foundation), une association privée d’aide à la famille et à l’enfant.